Au Projet Apache, nous sommes alter-européens. C’est-à-dire que nous ne sommes pas contre l’idée d’Europe mais contre celle d’une Union européenne qui se construit actuellement sans et contre le peuple dans les couloirs de Bruxelles. Mais pour pouvoir construire ou même imaginer une Europe différente, indépendante, respectant ses peuples, il faut déjà revenir à nos racines : qu’est-ce que l’Europe ? Après avoir répondu à cette vaste question, nous pourrons seulement poser les bases de l’Europe que nous voulons.
L’Europe au crible de l’Histoire
Née dans la mythologie grecque sous les traits d’une princesse, l’Europe sera décrite dans les prémices de son histoire comme la partie du monde grec qui ne se situe pas en Asie (Hérodote, Vème siècle avant J.C.) et comme une unité politique pour sauvegarder sa civilisation lors de la bataille de Poitiers (732) pour repousser les musulmans.
Des deux grandes civilisations antiques, l’Europe a retenu les notions de sagesse, équilibre et raison du monde grec et le sens de l’organisation de l’Empire romain. Lors de la chute de ce dernier, la religion chrétienne va prendre le relais dans la structuration de la société en organisant la vie autour de la paroisse et du cimetière et en développant un riche réseau de monastères aux XIIème et XIIIème siècle. Le christianisme jouera également un rôle fédérateur lors de la Reconquista, des Croisades ou de la bataille de Lépante (1571). Initialement, l’Europe s’est donc construite à partir de ses racines, gréco-romaines, chrétiennes et face à l’islam.
Bien que l’Europe n’ait jamais constitué une unité homogène, les dissensions profondes apparaissent à la Renaissance : les fractures religieuses vont entrainer de graves fractures politiques. Puis, vient le temps des Lumières, symptomatiques d’une crise de conscience de l’homme européen qui vont mener au développement de l’individualisme. Les deux guerres mondiales feront enfin passer l’Europe dominatrice à une Europe soumise et divisée en deux blocs idéologiques jusqu’à la chute du Mur de Berlin qui fait revenir l’Europe à ses réalités identitaires mais qui permet également l’émergence du mondialisme, conséquence du messianisme américain.
L’Europe que nous voulons
Après 1945, deux idées de l’Europe apparaissent : celle d’une Europe transatlantique (et donc soumise) et marchande et celle d’une Europe identitaire. Cette dernière vision que nous défendons se décline suivant 3 axes.
Une Europe puissante
Il faut bien être conscient que la France ne fait plus le poids, tout comme aucun pays européen, à l’échelle mondiale. Mais ce qu’il manque, c’est une volonté politique d’avoir sa place dans un monde multipolaire (États-Unis, Chine, Inde), la multipolarité étant facteur d’équilibre. Et cette puissance passera aussi par une réconciliation avec le frère russe malgré tous les efforts des États-Unis pour que ceci ne puisse se produire. États-Unis qui œuvrent également à l’instauration de poches d’instabilités au cœur de l’Europe (Kosovo).
Une Europe identitaire
L’homme européen est face à un déracinement qui lui fait oublier son identité, à un sentiment de culpabilité qui le conduit à nier sa propre identité et face à une confusion Europe/Occident qui achève de semer le trouble en lui. L’Occident ne représente plus pourtant qu’un fourre-tout contenant libre-marché, cosmopolitisme et droits de l’homme. L’Europe doit donc renouer avec ses racines culturelles et spirituelles pour se reconstruire.
L’Europe démocratique
L’Europe que nous voulons est une confédération où chaque État y trouverait son compte et serait libre d’en sortir à tout moment. Une structure pareille ne peut fonctionner que par le principe de subsidiarité : c’est au niveau local que se prennent la plupart des décisions, les sujets ne pouvant être traités au niveau local le sont au niveau national et ceux ne pouvant être traité au niveau national le seraient au niveau de la confédération.
Cette Europe que nous voulons ne pourra se construire par le haut, les élites ayant montré clairement qu’elles ne jouent pas pour leur peuple (Turquie, Constitution, « Nos racines sont autant musulmanes que chrétiennes », Jacques Chirac).
C’est par la base que nous renaîtrons.
Thibault