Châtelet les Halles, Station balnéaire…
Categorie(s) : Citations, par WillyGan

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Nous sommes le peuple, ils ne sont que la masse
Au XVIème siècle encore, on identifie le pays de manière anthropomorphe. La France est « mère des arts, des armes et des lois ». Quant à la Révolution du XVIIIème, elle démolit tout et se hâte de dépersonnaliser la nation pour la remplacer par l’idée abstraite de « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il est vrai que cette représentation difficile se fait sous l’égide directrice de la déesse Raison, abstraite elle aussi, mais – le paradoxe ne tue pas – statufiée néanmoins sur l’autel révolutionnaire.
La coupure est là, tranchée et définitive, avec l’intérêt pour les grands modèles que sont les rois et les saints.
La IIIème République et ses manuels d’histoire remet à l’honneur les Gaulois et chacun garde imprimée en mémoire la représentation de ces bonhommes altiers et bien bâtis, aux cheveux blonds et aux longues moustaches.
La Seconde Guerre mondiale n’a plus que faire de ces origines ethniques. Les Français sont totalement rendus anonymes dans le peuple qui se transforme en « masses » compactes. On ne s’intéresse plus aux biographies d’hommes illustres. On ne semble pas non plus avoir besoin de grands hommes. Dans cette guerre, chacun est justement un surhomme grâce et à cause de sa façon héroïque de vivre, ou plutôt de survivre, dans un environnement destructeur. C’est presque le retour au chaos. Un certain chaos tout au moins.
Marie-France Arnold in Paris ses mythes d’hier à aujourd’hui
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“Cet écrivain français du XIXème siècle est souvent considéré comme l’un des plus grands pamphlétaires de la littérature, et le plus sévère. J’admire son intransigeance. L’homme n’a jamais fait de compromis. Il est resté pauvre toute sa vie. C’était un catholique extrémiste, un brin exalté. Bloy a tenu un journal pendant vingt ans, dans lequel il évoquait, sans concession, ses combats, ses douleurs et ses échecs. On y trouve également des attaques incroyables, dans lesquelles il insulte toute la littérature française. Cette démesure me fascine.”
Benoit Poelvoorde
Studio Magazine – décembre 2007
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Le peintre Gérôme sollicité, mais renonçant à l’entreprise du Panthéon en 1874, le directeur des Beaux-Arts Philippe de Chevennevières fit immédiatement appel à Laurens, malgré son peu d’expérience dans le domaine de la peinture d’histoire. Cet ancien élève de Léon Cogniet, applaudi au salon de 1872, enthousiasmait alors la critique, qui voyait en lui un artiste prometteur.
Sans attendre, Chennevières l’employa simultanément aux deux premiers grands chantiers du nouveau régime républicain : les décors du palais de la Légion d’honneur et ceux de l’église Sainte-Geneviève, bientôt Panthéon. L’abbé Bonnefoy, iconographe du projet, dicta son sujet à Laurens, qui allait s’atteler à La mort de sainte Geneviève onze années durant.
Le culte de Sainte Geneviève était très populaire au XIXè siècle, en particulier après la défaite de 1870. Pour les Français d’alors, l’humble bergère qui avait sauvé Paris d’Attila au Ve siècle donnait, selon François de Vergnette, « l’exemple de la force morale nécessaire à la revanche ». Dans ces conditions, sainte Geneviève, véritable héroïne nationale, prenait une place légitime aux murs du Panthéon.
A l’exemple de ses confrères, Laurens insère, dans les entrecolonnements de la nef, un vaste triptyque représentant, Les derniers instants de sainte Geneviève devenue vieille et vénérée du peuple, qu’il complète des Funérailles, peintes sur un panneau indépendant. Le public découvre la partie principale du décor en avril 1882. La frise, que Laurens décrit comme « une foule des temps mérovingiens en pèlerinage vers le tombeau de la sainte », ne sera achevée que trois plus tard en 1885.
Le peintre donnait sa version personnelle des « derniers instants de sainte Geneviève », qu’il épurait de toute intention religieuse. La critique le remarqua et, souvent, l’en blâma. Vernay, dans Le soir, s’étonne qu’en effet « il n’y a ni croix, ni cierge, mais seulement un chrisme (sur la tenture au-dessus du lit), qui n’est là que pour la couleur locale : il s’agit d’un motif archéologique plus que d’un motif religieux ». Ni les prêtres, traditionnellement au chevet des mourants, ni la communauté des moniales, censées être auprès de la sainte, ne sont représentés. Seule la communion populaire intéresse ici le peintre laïc.
Bertrand Dumas in Trésors des églises parisiennes
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Cependant la foi restait intacte dans le peuple. On priait le Seigneur, on révèrait sa sainte mère avec la même humilité et la même ardeur. Point de révolte contre tant d’infortunes, point de tièdeur religieuse ou de scepticisme : dévots et truands, nonnes et ribaudes, princes et tâcherons du dernier rang partageaient la même espérance et connaissaient le même repentir. En dépit de ses fautes, de sa cupidité et de ses collusions douteuses, l’Eglise continuait à rayonner, à consoler, à bercer la détresse d’un espoir de paradis. Il se trouvait encore des femmes pour s’enfermer volontairement dans les logettes des Innocents. Ces logettes étaient des cellules érigées dans le cimetière. Le clergé y menait en procession la future recluse. On murait la porte en ne laissant qu’une étroite ouverture par laquelle on pouvait passer la nourriture. Et la recluse restait, dans cette prison obscure et froide, jusqu’à sa mort, priant pour le repos des morts, objet de la curiosité ou de la dévotion des vivants. Car, en dépit de sa destination, le cimetière des Innocents restait un lieu des plus fréquentés de Paris et n’engendrait point une tristesse excessive.
Georges Bordonove dans Histoire secrète de Paris
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Tous ces morts qui grouillent sous chaque vieille pierre soulevée, comme des crabes noirs sous leurs rochers, ne troublent pas l’éternelle jeunesse, celle qui glisse comme la Seine, sans cesse en allée, toujours présente, toujours semblable, sans cesse changée, et sûre de sa victoire malgré les preuves accumulées de son inévitable défaire.
Au terme de cette évocation, c’est cela qui m’obsède : l’indifférence. Indifférence de la ville à ce grand gâchis de chair et d’esprit qui ne fait que passer. Indifférence des hommes à tout ce qui n’est pas le petit présent frémissant où le « passage » donne l’impression de s’arrêter un instant. Là se trouve la clé du mystérieux accord des Parisiens et de Paris : ces gens et cette ville de mode ne se conjuguent bien qu’au présent.
[…]
Paris c’est un moment qui passe ; Paris c’est une chanson dont on ne retiendra pas les paroles ; c’est un sourire qu’on ne retrouvera plus ; Paris c’est le moment ; Paris c’est la ville qui meurt et qui renaît avec chaque Parisien ; c’est une mémoire monstrueuse mais qui se penche vers les garçons et vers les filles, et qui leur dit :
- J’ai oublié !
François Brigneau in Paris, sous le pont des souvenirs coule la Seine
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Le saint est l’homme libre par excellence. Le Christ nous révèle que la condition de la liberté authentique est de reconnaître la vérité : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8.32). La vérité rend libre face au pouvoir et donne la force du martyre. […]

De cet évangile vécu jusqu’à la sainteté, les saints parisiens portent le témoignage éloquent, de la rue à l’église, du carrefour au monastère. Paul VI le révèle : « Le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne est le premier moyen d’évangélisation. L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, où, s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins. » (Paul VI, Exhortation Evangelii nuntiandi n°41.) Les écrits sont importants, mais bien plus importants encore sont les témoignages vivants (Jean-Paul II, Lettre aux familles 23).
Le martyre est le témoignage suprême porté à Paris, de Saint Denis aux martyrs de la Révolution, massacrés au vieux couvent des Carmes devenu le berceau de l’Institut catholique, comme je le rappelais au Saint-Père lors de la mémorable visite de Jean-Paul II le 2 juin 1980. La vocation au martyre est celle de tout croyant qui accepte avec la grâce de Dieu les conséquences des engagements de son Baptême, prêt à témoigner de sa foi et de son amour de Dieu devant les hommes jusqu’au don suprême de sa vie. En ce suprême témoignage d’amour et de foi, le disciple devient semblable au Maître (Constitution dogmatique Lumen gentium n°42 et 50). En notre siècle, les martyrs sont revenus, souvent soldats inconnus de la grande cause de Dieu (Jean-Paul II, Exhortation apostolique Tertio millento adveniente n°37).
Cardinal Paul Poupard in Paris Carrefour des saints
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Ils sont intolérants, comme ils nous accusent de l’être, mais intolérants avec hypocrisie, sans cesser de proclamer leur prétendue tolérance ; intolérants pour mettre à couvert leurs opinions, lorsque nous ne le sommes que par respect pour nos dogmes.
Cela dit, je crois que les libéraux séparés verraient plus juste, s’ils pouvaient comprendre quelle est, entre nous, la cause de la séparation.
Cette cause, au fond, n’est pas l’amour ou l’aversion de la liberté, mais une conception différente de la liberté.
Beaucoup de libéraux se rapprocheraient de la conception catholique, si l’aversion insensée qu’ils nourrissent contre l’Eglise ne les liait quasi indissolublement au noble système de ces messieurs qui se consolent « de toutes les restrictions qui les étreignent » par le plaisir « de voir réduit à l’impuissance l’apôtre de l’inquisition ». Et que prétend faire leur libéralisme avec ces messieurs et ces talents-là, rudiments informes de sous-inquisiteurs et de sous-chambellans ?
Louis Veuillot in Les odeurs de Paris
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