Projet Apache

René Fallet: Anarchiste tendance essui-glace

Categorie(s) : Chroniques, Histoire de Pantruche, par Frederic

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Entrevue avec Hôtel Stella

Categorie(s) : Chroniques, par Martin

Voici une interview du  groupe de punk rock parisien à l’occasion de leur concert en Belgique samedi prochain

1. Expliquez le nom du groupe

Hôtel Stella est le nom d’une auberge dans le roman « Un singe en hiver » d’Antoine Blondin. Ecrivain parisien, celui-ci faisait partie du courant des Hussards, qui s’opposaient dans le Saint-Germain-des-Prés des années 1950 aux existentialistes, icônes de la gauche internationaliste de l’époque, menés par Sartre. Nous rendons ainsi hommage à ces écrivains rebelles, enracinés et sans doute sous-estimés dans l’histoire de la littérature parisienne. Une façon d’affirmer que notre patrie à nous, c’est Paris. Le Paris populaire, le Paris enraciné.

2. C’est le 2e concert en Flandre, que pensez-vous de la Flandre et des Flamands ?

La Flandre a une forte identité, sans doute trop méconnue par les Français. Souvent, ils ne font pas la différence entre la Wallonie et la Flandre, les deux étant associés à la seule et unique Belgique. Alors qu’un simple voyage permet de voir les différences dans les paysages et les différences culturelles entre Wallons et Flamands. Se battre pour sauvegarder ces différences, d’une manière ou d’une autre, face au mondialisme, est un noble combat.

Notre concert à Bruges l’année dernière était notre première prestation hors de France, et donc restera un excellent souvenir. Nous avions été agréablement surpris par les folles nuits brugeoises, et les Flamandes, bien entendu… ! Anvers se doit de faire aussi bien !

3. Vous avez joué à Rome à AREA19, était-ce quelque chose de spécial ?

Être invités à jouer à Rome avec ZetaZeroAlfa a été pour nous une réelle joie. Jusqu’à présent la plus grande salle dans laquelle nous avons joué. Et quelle salle! Totalement irréel de jouer dans une station de métro désaffectée… En matière de militantisme, l’impact de Casapound et du Blocco est impressionnant. Un modèle pour tous les activistes, peu importe les différences locales et historiques.

4. A Paris, il y a plusieurs groupes comme le MAS, Le Local, le Projet Apache etc. Où est-ce qu’on peut situer Hôtel Stella ?

Parmi les groupes militants à Paris, Hôtel Stella a plus d’affinités avec le Projet Apache, puisque certains d’entre nous en font partie. Cela dit, nous soutiendrons toujours toutes les initiatives visant à construire une alternative enracinée à Paris, que ce soit dans les domaines culturel, politique ou social.

Ainsi que toutes les initiatives en France et en Europe qui font preuve de créativité, de rébellion pour imposer notre vision du monde. Nous encourageons d’ailleurs tous ceux qui voudraient monter un groupe, à se lancer, faire des concerts, sortir des albums. C’est une expérience humaine qui ne peut être qu’épanouissante, et une façon durable de transmettre notre idéal. La musique est une arme !

5. La situation au Parc de Princes est encore plus grave. Expliquez la situation ? Le Kop de Boulogne vit-il encore ?

Depuis l’assassinat de Yann, membre du Kop de Boulogne, début 2010 en marge d’un PSG-Marseille par des membres de la tribune Auteuil, les tribunes de Parc de Princes ont été vidées de toute forme de supporteurisme « radical ». Plus d’abonnés dans les virages, plus de groupes ultras, impossibilité de suivre le PSG en déplacement en dehors des voyages officiels très surveillés et organisés par le club. C’est simple, le supporter radical du PSG, qu’il soit ultra ou casual, est devenu persona non grata aujourd’hui. Certains continuent tant bien que mal à vivre leur passion et à défendre l’honneur du KOB, dans les bars et les rues de Paris.

6. Pour le futur, nouveau CD de Hôtel Stella ? Beaucoup de concerts ?

Notre album va enfin sortir dans les toutes prochaines semaines. 11 titres dans la pure veine Hussard-core ! Et pour accompagner celui-ci, de nombreux concerts en France et en Europe, avec nos nouvelles chansons en live.

7. Un dernier mot à ajouter ?

Nous saluons tous ceux pour qui la Jeunesse n’est pas qu’un mot. Tous ceux qui se battent au quotidien pour défendre leurs patries, petites et grandes, face au Système.

Rendez-vous le 18 décembre à Anvers !

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Un vrai, un dur, un tatoué !

Categorie(s) : Chroniques, Jalons théoriques, par Frederic

Conseils à quelques jeunes âmes pures et dures. Même la radicalité peut-être contrefaite.

La radicalité n’est pas l’outrance. Qu’elle soit vestimentaire ou verbale. Méfie-toi comme de la peste de ces caricatures. La radicalité s’exprime dans la fermeté des principes et leur permanence. Quel est le plaisir qui pousse des gens à se travestir ou à débiter des âneries pour se draper dans une fausse radicalité achetée à faible cout? Le plaisir d’être les idiots utiles d’autres?

La radicalité ne s’exprime pas par la calomnie et le dénigrement des autres. On n’est pas radical en voulant se refaire une fausse virginité sur le dos des autres. On est jugé sur ses propres actes. Méfie-toi de ceux qui s’enferment la plus grande part de leur temps dans la seule critique.

La pureté ne se mesure pas à la faiblesse de ses effectifs. On n’est pas un pur parce que l’on se trouve au sein d’une cabine téléphonique entre le dernier carré des ultimes résistants. L’incapacité à pouvoir transmettre et partager ses valeurs, passent-elles actuellement pour radicales, est un signe évident d’un problème plus profond.

La radicalité ne saurait consister à ânonner des références d’un autre temps, de prendre des postures figées sans jamais se remettre en question. La radicalité n’est pas le passé jugé par le présent. Elle se dessine dans la capacité à influer l’avenir.

La dureté ne se compte pas au nombre des gens qui vous haïssent, mais au nombre de ceux auxquels vous imposez le respect, qu’il soit teinté d’admiration ou de crainte. Le gout entretenu pour les rôles de Croque-mitaine n’est ni souhaitable, ni utile.

La vérité ne se cache pas dans de fausses oppositions systématiques et pavloviennes. Elle n’est pas définie par les étiquettes de ceux qui la décrètent, mais se distingue grâce à la capacité de réflexion acquise au sein du groupe.

La dureté s’exprime uniquement dans l’épreuve. C’est dans l’adversité que l’on juge la qualité des hommes de sa communauté. Parce que la vie est un combat et que le style c’est l’homme.

La radicalité ne se paye pas de mots, au fond d’un bar, sur un forum ou devant sa télévision. Elle se jauge dans l’action et la capacité à mettre en pratique ce que l’on promeut.

La dureté ne se mesure pas au gout morbide pour la violence mais à la force du groupe et de ses individus. Si l’on souhaite donner, il faut accepter de recevoir. Il n’existe aucun ancien ou nouveau responsable politique pour se réjouir de la violence. Mais la force, elle, est une vertu, et connaitre sa force signifie d’abord savoir en faire usage à bon escient.

L’enthousiasme et l’adrénaline ne sont pas dans le relâchement, la provocation stérile. N’accepte pas les clichés convenus, comme tu n’accepteras pas moins de vivre sans joie ni passion.

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Un éternel combat…

Categorie(s) : Chroniques, par Alain

Il m’arrive de replonger dans un des livres du Général Bigeard. Je relis quelques pages ou seulement quelques lignes, juste histoire de me redonner espoir et me remotiver. Cela suffit à me renforcer dans l’idée qu’il ne faut pas baisser les bras, jamais. A travers ses ouvrages, Marcel Bigeard se raconte. Il raconte sa vie, ses combats, son époque et l’inépuisable amour qu’il éprouve pour notre patrie. “Bruno”, comme il était surnommé, en a vu du pays. Il l’a vu changer la France. En bien mais aussi surtout en mal.

Résistant lors de la seconde guerre mondiale, Bigeard est ensuite présent sur différents continents. Il sera en Afrique : au Sénégal, au Maroc et en Algérie. Sur le continent asiatique aussi : en Indochine, lors de la guerre de décolonisation. Le Général Bigeard recevra un nombre impressionnant de médailles et de décorations. Proche de ses « para » et des soldats, il était très apprécié et respecté. Beaucoup de militaires lui ont rendu un chaleureux hommage après sa mort, au milieu de l’été 2010.

Le Général Bigeard est certainement un extra-terrestre pour une partie de la jeunesse de France. Pour les patriotes que nous sommes, ce Monsieur est un modèle. Un exemple en termes d’abnégation, de courage, de combat, de camaraderie, de solidarité. Il ne faut pas oublier nos anciens ! Souvenons nous et rendons hommage aux plus valeureux d’entre eux.

Bigeard s’exprimait clairement, avec des mots simples mais tellement sincères. Ses paroles sont belles, émouvantes. L’avenir qu’il nous prédisait n’était pourtant pas reluisant. Islam, immigration, violence dans les quartiers, terrorisme, repentance… ce sont des thèmes que Bigeard abordait et nous nous retrouvons dans l’analyse qu’il faisait. « J’ai mal à la France », le titre d’un de ses livres. Aujourd’hui, nous ressentons la même douleur.

Notre combat est juste et justifié. Nous sommes la résistance alors nous n’abdiquerons pas. Avec mes camarades, je le sais, nous ne lâcherons rien. Même si c’est dur, même si certains tentent lâchement de nous freiner, même si par moment nous sommes seuls contre tous: nous sommes encore là !  « Je veux, néanmoins, demeurer optimiste et croire en ton sursaut. Mais qui te sauvera ? » Nous, mon Général. Nous, sinon personne.

M.

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La plus belle ville du monde…

Categorie(s) : Chroniques, par Alain

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La Bastille ou “l’enfer des vivants”

Categorie(s) : Chroniques, par Martin

La Bastille, si présente dans la mémoire collective française, a disparu mais ses archives, conservées à la Bibliothèque de l’Arsenal, continuent à la faire vivre. Lors de la prise de la forteresse, les émeutiers précipitent dans les fossés les archives qui y sont gardées. Après diverses tribulations, elles sont récupérées en 1798 par l’administrateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. Plus ou moins oubliées, elles sont peu à peu « dévoilées » au cours du XIXe siècle, acquérant une aura chargée de mystère.

Construite sous Charles V pour la défense de l’Est parisien, la forteresse a toujours joué le rôle de lieu d’incarcération ; mais c’est à partir du règne personnel de Louis XIV qu’elle devient cette « Bastille de droit divin », prison politique fonctionnant sur le mode du « bon plaisir » et du secret. Loin d’être réservée à une élite sociale et intellectuelle, comme on l’a souvent imaginé, la Bastille accueille des prisonniers de toutes classes, depuis les plus grands personnages jusqu’au petit peuple « maldisant ». L’exposition entend montrer au public l’écart entre les réalités dont témoignent les archives et les légendes qui sont attachées à la forteresse, donnant l’image réelle de la société d’Ancien Régime, jusqu’en ses dernières années.

Plusieurs pièces spectaculaires sont présentées, comme la maquette monumentale de la Bastille ou la « chemise » du célèbre prisonnier Latude portant un texte écrit avec son sang, mais surtout de fascinantes pièces d’archives. De ces documents souvent encore souillés de la boue des fossés, revêtus de signatures illustres ou couverts des humbles écritures des prisonniers, émane une émotion presque palpable.

Entrée libre
du 9 novembre 2010 au 11 février 2011
Bibliothèque de l’Arsenal
1, rue Sully
75004 Paris
Téléphone : 33(0)1 53 79 39 39
Courriel : arsenal@bnf.fr
Métro: Lignes 7, (Sully-Morland), 1, 5, et 8 (Bastille)
Bus: Lignes 67, 86, 87

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Les enfants de la tiédeur

Categorie(s) : Chroniques, par Alain

Toute la perfidie de notre époque. Toute la manipulation de notre société. Toute la sournoiserie des grands de ce monde. Ils ont réussi à créer un univers sans gout. Ni délicieux, ni immangeable : sans saveur.

Il n’y a rien de pire que la tiédeur.

Le Froid, on s’en protège, on se couvre, on réfléchit à des solutions pour empêcher la paralysie. Le froid suscite une réaction, aussi longue soit elle. Le froid ne laisse personne indifférent à la longue, et même s’il est agréable pour certains, il devient au final épuisant et usant.
Le Chaud quant à lui rassure, protège, réchauffe. Certes, il peut devenir usant. Ainsi, à chacun de s’adapter pour qu’il ne vous assomme pas. Mais ce chaud, symbole éternel des étés temporels, marque par son caractère puissant et magistral.
Mais le Tiède, lui ? Ni trop froid pour s’en révolter, ni trop chaud pour s’en prévaloir.
Le Tiède laisse indifférent. Il fait ronchonner, relativiser ou minimiser, mais il n’engendre aucune réaction forte. Tout au plus un soubresaut ponctuel. Un zeste d’humeur. Une pincée de colère.

Notre société est profondément tiède. Intrinsèquement tiède. Mécaniquement tiède.
Pas encore assez dure pour révolter les peuples. Oh, bien sûr, il y a plusieurs centaines de millions d’affamés, quelques enfants rachitiques de ci de là, mais ca pourrait être pire. « Ça pourrait être pire ». Expression emblématique d’une société tiède.
Parce que de l’autre côté, on n’a jamais autant nourri de personnes, jamais autant développé les soins médicaux, jamais autant alphabétisé les gamins. Et puis, il y a les droits de l’Homme. Et la lutte antiraciste. Et les ONG. Et la paix dans le monde. Et et et…
Alors finalement, il y a des mauvais côtés à notre monde. Mais après tout, quelle époque n’a pas connu ses galères ? C’était pas forcément mieux avant.

Notre société n’est pas encore assez froide.

Paradoxalement, la chaleur de notre monde enrhume encore de nombreux gens. Consommation d’antidépresseurs en hausse chaque année. Distension des solidarités traditionnelles avec en première ligne, la famille. Baisse des salaires. Dettes endémiques des institutions publiques. Pratiques sectaires. Suicides. Stress. Dépendance. Coup de blues. Petite déprime. Dépression. Grande Dépression.

Notre société n’est plus assez chaude. Non, elle est tiède. Et nous, médiocres. Nous ne pouvons plus rester à ce standard moyen. Nous n’avons pas le droit de nous complaire dans le médiocre. L’Homme vaut plus que ca.

Oui, l’Homme n’est pas un chien : il ne se contente pas d’une gamelle et quelques caresses sous le menton. Fini le temps du compte courant indice unique du niveau de vie. Fini la froideur des regards et des paroles échangés entre deux stations. Fini la pluie qui s’abat, glaciale, sur les toits de nos vies.

Nous demandons autre chose ! Nous exigeons mieux ! Respirez. Fermez les yeux. Imaginez. Embrasser sa petite fille avant d’aller se blottir contre sa femme. Déguster un café avec un camarade. Chanter des airs populaires. Partir au travail sans rechigner. Suer pour sa famille. Marcher à pieds jusqu’au marché. Pleurer sans retenue. Rire sans paillettes. Cogner contre un sac. Se battre pour sa terre. Combattre ses démons. Sentir le cœur de son enfant naissant. Aller au cinéma. Prier des cantiques authentiques. Voyager en train. Regarder par la fenêtre. Danser. Batifoler. Crier. Lire. Sourire. Dormir. Aimer. Aimer. Aimer…

Respirez. Ouvrez les yeux. Vous vivez.

Nous ne serons plus les enfants de la tiédeur. Nous serons chauds, brulants, bouillants. Car nous voulons vivre. Chez nous. Avec nous. Par nous. Et alors, nous serons grands. Et vivants.

Pierre-O

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Foot et rugby à Paris: comme un goût d’Afrique du Sud

Categorie(s) : Chroniques, par Geneviève

Le centre de formation du PSG a bien changé. A l’image idyllique d’un Francis Borelli entouré de petits français dans les années 80 ont désormais succédé des équipes de jeunes majoritairement composées de noirs. Tant sur le fond que sur la forme, seule l’appellation « PSG » semble faire le lien entre cette très belle photographie et la « génération Sakho » (qui elle-même a pris la relève de la « génération Anelka »).

Alors, les noirs joueraient-ils mieux au foot que les blancs ? Pas vraiment, à en observer l’Italie et l’Espagne, les deux dernières équipes championnes du monde. L’explication est donc ailleurs. Et notamment dans les propos de l’ancien footballeur d’origine indo-mauricienne, Vikash Dhorasso : « Le football est un sport populaire dans les quartiers où il y a beaucoup de noirs et d’arabes. Le petit blanc qui arrive se retrouve dans des histoires de clans, de gangs. A un moment donné il arrête de jouer au foot parce qu’il voit qu’il n’a pas sa place et qu’il ne va pas être protégé en cas de problème ».

Un constat que les militants du Projet Apache ne pourront que saluer et qui est d’autant plus vrai en Ile de France. Déjà minoritaires, les « petits blancs » désertent de plus en plus nos clubs franciliens. En réaction, ils se tournent désormais vers le rugby. Un sport viril. Et sans racaille.
Le rugby pour les blancs, le foot pour les noirs : voilà un tableau en deux couleurs qui rappelle l’état du sport en Afrique du Sud à en juger notamment par la composition respective de leurs deux équipes nationales. Bien sûr, le contexte local et historique de ce territoire est bien différent de celui de la France. Une histoire marquée notamment par l’apartheid dont les conséquences se font encore ressentir aujourd’hui dans le pays. Mais on entend souvent que la mondialisation réduit les distances et rapproche les peuples. En effet, chacun ses quartiers, chacun ses sports : amusant comme la situation d’un pays situé à l’autre bout de la planète peut aujourd’hui nous sembler si proche.

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Compte rendu d’un Cercle Sainte Geneviève

Categorie(s) : Chroniques, Formation, par Geneviève

Multinationales : armes de guerre contre l’identité.  (8 Novembre 2010)

L’animateur de ce cercle était un cadre travaillant dans une multinationale qui, proche des idées identitaires et fort d’une observation “interne” depuis plusieurs années des mécanismes concrets qui participent à “l’écrasement” des identités locales, s’est proposé d’en extraire la logique et d’en faire part aux participants aux Cercle Sainte-Geneviève.

L’exposé, fondé sur un vécu et des expériences à propos des multinationales “françaises” (on peut raisonnablement penser que leurs modèles anglo-saxons fonctionnent de la même manière, peut-être en plus débridé), fut donc plus “concret” et “technique” que théorique. Il s’est attelé à répondre à la question : pourquoi et comment les multinationales pilonnent et détruisent les identités locales ?

En préambule, a été rappelée la définition d’une multinationale : entreprise de grande dimension (en fait sous forme de groupe d’entreprises) implantée dans de nombreux pays par le biais de très nombreuses filiales, opérant soit sur une zone géographique déterminée, soit sur le monde entier. Ou plus simplement, une entreprise qui a des filiales dans plus d’un pays.

Le constat qui s’impose à la lecture de cette définition est que la “multinationale”, conception un peu à l’ancienne évoquant un (impossible) respect des identités des pays d’activité, a petit à petit évolué en “transnationale”, terme plus adapté, qui renvoie à l’idée de dépassement et de totale ignorance des frontières et des spécificités qui caractérisent ce type d’entreprises. “Transnationale” reflète ainsi une réalité qui nous permet de bien mieux définir notre ennemi, nous qui nous affirmons souvent, à juste titre mais parfois de manière imprécise, comme étant “anti-système”. En l’occurrence, les Mulinationales constituent un parfait concentré de modernité, un concentré du “système” que nous combattons.

Il faut en effet clairement se poser la question : à qui appartient le pouvoir aujourd’hui ? Si l’on affirme à juste titre que le pouvoir n’appartient plus au « Politique », cet homme qui faute de volonté devient le simple gestionnaire d’un environnement qu’il subit, alors on doit se poser clairement la question de sa localisation exacte : où se situe le pouvoir et qui le détient ?

Incontestablement, les dirigeants des multinationales, regroupés en puissants lobbies et réseaux d’influence, en sont les acteurs majeurs. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil aux structures décisionnelles des entreprises françaises du CAC 40, les fameux Conseils d’Administration, pour voir qu’ils sont composés à peu près des mêmes personnes. On peut ainsi figurer au CA du Crédit Agricole en même temps qu’à celui de L’Oréal, deux entreprises aux activités a priori différentes… mais à l’objectif final partagé : le lissage planétaire pour une rentabilité optimisée.

Funeste projet, terrible objectif pour lequel les multinationales possèdent des alliés de choix : d’une part, les médias, usant de leur moyen de propagande favori, la télévision, pour diffuser, via un véritable tabassage cathodique, l’idéal global du « doux commerce »; et d’autre part les hommes politiques, souvent intimes avec les dirigeants d’entreprise, censés gérer les réactions épidermiques locales générés par les manipulations planétaires auxquelles se livrent leurs amis.

En outre, avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut par ailleurs toujours garder en mémoire quelle est la finalité concrète de ces entreprises : le pognon !
Obsession moderne tout à fait normale dans une société où la réussite est jaugée sur l’avoir et non sur l’être, la soif de pognon porte un nom pour les Multinationales. Pour elles, parlons plus précisément de rentabilité… ou pire, du mot abject de “profitabilité”. Or, être rentable signifie concrètement deux choses, deux actions parallèles : beaucoup vendre (en valeur et en volume) et baisser les coûts de production.

L’ensemble des mécanismes destructeurs des identités décortiqués ci-après dans cet exposé sont motivés par la seule et unique course au profit, dont l’optimisation passe par la réalisation des deux actions évoquées ci-dessus, qui sont la justification du “façonnage” du monde auquel se livrent les multinationales. Un façonnage externe, c’est-à-dire la disparition programmée des identités locales (au sens de mœurs, coutumes etc.) face au rouleau compresseur mondial, auquel s’ajoute un “façonnage interne”, à savoir cette manière qu’ont les multinationales de conditionner leurs employés et ceux qui travaillent à leur service. Ceci amenant à se poser la question d’une forme d’esclavage sournoise et méconnue, l’esclavage salarié.

Nous vivons dans une société de consommation, une économie de production fondée sur la loi de l’offre et de la demande.
Or cette demande, il convient de l’encourager, de la stimuler et de la raviver. Comment ?
En premier lieu, en conditionnant les hommes, en les transformant progressivement en bête atomisée, infantilisée et déresponsabilisée, en machine prête à consommer.
Ce conditionnement s’opère grâce à une mass-communication auquel 99% des hommes (du moins dans nos sociétés occidentales) ne peuvent échapper : publicité sur tout support, relais des média, télévision (à bannir de son salon), culture officielle (arts, exposition, manifestations publiques etc.), tous les moyens sont bons pour instaurer un contexte hédoniste de bonheur individualiste par la consommation, pour faire qu’un homme n’est plus heureux non par ce qu’il est mais par ce qu’il “possède”.

Tous ces véhicules idéologiques sont mobilisés dans l’ambition de créer un “homme nouveau”, l’homo oeconomicus, dans le cadre d’une politique planétaire de métissage culturel et ethnique.
Car rappelons qu’on ne vend pas le même produit à un européen enraciné ou à un africain enraciné. Pour eux, il faut faire deux produits. Donc c’est trop cher.
Par contre, on vendra le même produit à deux métisses. D’où l’intérêt économique du “mélange”, du métissage et de la disparition des sentiments de spécificités et d’appartenance.
Ainsi un seul produit sera fabriqué, en masse, pour tout le monde, ce qui amène à une évidente “standardisation” globale des produits que l’on trouve, avec de moins en moins de différence, aux quatre coins du monde.

Alors que justement, nous les identitaires, aspirons à un monde de la diversité, la vraie, c’est à dire un monde où l’on puisse vivre, travailler, manger et consommer local, les multinationales, elles, pour vendre plus, nous propose un monde standardisé, lissé, qui correspond à la vision universaliste et égalitariste du monde qu’ont les grandes “Démocraties” modernes, structures qui sont les parfaits relais et réceptacles de la globalisation économique et dans lesquelles s’épanouissent les multinationales dans une sorte de symbiose.

Par ailleurs, si les multinationales sont le bras armé du rouleau compresseur mondial, hé bien la “grande distribution”, dont les enseignes sont aussi des Multinationales (Carrefour, Auchan etc.) est comme son nom l’indique le principal canal de diffusion des “produits et des techniques de la mondialisation”. A ce sujet, précisons que les grandes surfaces sont réellement, notamment en matière de consommation alimentaire, l’antithèse parfaite de ce à quoi nous aspirons. Non contente de défigurer l’entrée de nos villes, de s’étaler sans limite au détriment des campagnes, de faire une concurrence déloyale aux commerces de proximité, entraînant parfois la mort des “centre-villes”, ces enseignes distribuent les produits de la mondialisation, et les publicités qui vont avec.

Enfin, parlant de la vision égalitariste et universaliste du monde qu’ont les multinationales, elle est en fait la même que celle des “gauchistes” et “alter-mondialistes” de tout poil (nous préférons nous définir comme “anti-mondialistes”). Certains en viennent même à tout mélanger, et à complètement perdre les pédales, vantant les “bienfaits” des multinationales, qui prépareraient, par le lissage planétaire auquel elles se livrent, un “homme nouveau” finalement parfaitement compatible à leur internationalisme. Cette volonté de “créer un homme nouveau” (métisse / “égal” / indifférencié / standardisé) se retrouve dans toutes les facettes de la “modernité”.

N’oublions pas que “vendre plus” et “faire du chiffre” rapportent à l’obsession maladif de “croissance” (en volume et en chiffres) de la Multinationale.
Cela passe par :
- absorption (“acquisition”) de structures plus petites (PME notamment), engendrant la disparition des entreprises familiales et de proximité.
- la capacité à systématiquement s’adapter aux modes, à l’air du temps, et aux tendances de l’opinion… même quand cette dernière pourrait remettre en question la marchandisation du monde.

C’est ainsi que sont nés les concepts de “développement durable” et de “capitalisme vert” qui ne sont qu’en fait de vulgaires leurres, destinés à faire croire à l’opinion publique, friande de “verdure” et de “bio”, que les multinationales industrielles d’un système qui pollue allégrement la Terre depuis plus d’un siècle auraient changé, comme ça, d’un coup de baguette magique. En fait, la volonté profonde de production infinie pour une consommation infinie – jusqu’où ? – n’est nullement altérée par cette pseudo prise de conscience d’un impératif écologique pourtant bien réel.

Ou comment garder la même voiture, follement emballée jusqu’au chaos, en lui donnant un coup de neuf grâce à une opportuniste et cynique couche de peinture verte. Et d’ailleurs, quand la couche de peinture tourne au vert de l’Islam, nous pensons au business hallal ou à la finance islamique, cela ne les dérange pas plus que cela non plus. Clairement, au détriment des identités, les Multinationales sont prêtes à toutes les mutations, y compris les plus sournoises, pour vendre, vendre, vendre et toujours vendre. La rentabilité et le “court terme” qui les animent sont l’exact inverse de la vision long terme de stabilité et d’équilibre que prônent les identitaires.

La maximisation du gain passe également par un ensemble de techniques et de pratiques destinées à baisser les coûts de production.
Cette baisse des coûts de production justifie tous les sacrifices, y compris humains :
- délocalisation
- plans sociaux (en partie justifiés par un contexte de crise propice à l’épuration, assez largement dramatisé)
- acquisition de petites structures
- non-respect des normes (problème écologique)
- évasion fiscale (faire supporter des charges par des filiales placées dans des pays aux conditions fiscales avantageuses… autrement dit pas en France)
- tricher sur les chiffres (surévaluer les charges pour diminuer le résultat pour ne pas payer d’Impôt sur les Sociétés)

On constate que toutes ces mesures sont, à chaque fois, l’exact contraire de la morale et de la Justice Sociale, qui sont les piliers de notre combat.

La suite et la fin de l’exposé est parfaitement résumée dans l’article récemment publié sur notre site, notamment la partie sur la description des “ressources humaines” (ouvriers et cadres aux langage “globish” et aux carrières “mondiales”), et sur la “tertiarisation” de “l’éconopipo” mondiale : inclure le lien.

En conclusion, face à ce tsunami productivo-consumériste qui nous emmènera au chaos, à l’extinction des ressources naturelles, à la destruction du Monde et à l’écrasement de la bio-diversité (y compris humaine), l’heure est venue de dire stop et de mettre un frein, tant que faire se peut, à cette machine emballée que plus personne ne maîtrise. On peut ainsi rappeler le double objectif vers lequel doivent tendre les militants identitaires et tous leurs sympathisants :

- maîtriser sa consommation, en devenant un véritable “consomm’acteur” : choisir ses produits, restreindre sa consommation, favoriser la qualité plutôt que la quantité, préférer la production locale, fut elle plus chère, aux produits low cost fabriqués en Asie et dont nos magasins sont inondés, éviter la restauration rapide, les fast-food et les kebabs… et surtout se créer un réseau, une communauté locale de plus en plus déconnectée des maillons de l’esclavage moderne dont la Grande Distribution constitue la tête de pont.

- bien choisir son métier, en privilégiant les activités locales, dans des structures type PME ou des services de proximité afin de ne pas dépenser son énergie au service de grandes structures qui nuisent au monde que nous voulons, le monde de l’équilibre et de l’être, celui des identités et des patries charnelles.

D’où le slogan : réfléchis avant d’acheter, réfléchis avant de signer !

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Weh Samdi chui a Chatlet !

Categorie(s) : Chroniques, par Alain

Il y a quelques semaines, nous vous avions proposé un rappel historique autour de « Châtelet », le vrai. Difficile de résister, aujourd’hui, à l’envie de vous faire partager un article dont seuls les journalistes du magazine Les Inrocks ont le secret. Ca vaut le détour : « Châtelet, immersion dans une improbable cour des miracles ».

Aller à la rencontre des « jeunes » de Paris et de sa banlieue, c’était l’objectif du journaliste. La pratique est très à la mode chez les journaleux blancs et bien pensants : il faut aller au contact de la diversité pour se donner bonne conscience et montrer qu’elle est l’avenir et une chance pour notre pays. A Châtelet donc, en surface ou sous terre, il y a des codes, des coutumes… C’est bien connu, les personnes qui fréquentent le quartier sont toutes de sympathiques jeunes gens. Ils fument, dansent (on se « clash »), se bagarrent (un peu) et agressent (de temps en temps) quelques passants. On s’amuse quoi, faut bien s’occuper !

Pour draguer par exemple, il y a des secrets. Obtenir le “06 ” d’une “Z”, une zaïroise, c’est pas facile. “Si tu veux une Black ou une métisse, tu vas devant le KFC, mais si tu veux une Blanche ou une Rebeu, il vaut mieux aller à côté du McDo ou du Quick”, conseille un habitué. Les filles de Châtelet c’est quelque chose, elles aiment la castagne et ça excite surement notre ami journaliste : “Châtelet, c’est chaud, faut se faire respecter. Aujourd’hui, les filles n’ont plus peur de se battre. On se tire pas les cheveux, on se griffe pas, hein. On y va plus fort que les bonhommes. Maintenant, ouais, c’est patate-balayette » Châtelet c’est trop cool, nom de Dieu !

Au fil des lignes, on rencontre des personnages plus agréables et drôles les uns que les autres. Les gothiques et les skateurs, tous blancs, en revanche, sont en « déroute » à Châtelet. Chassés par la racaille, il a fallu trouver un autre territoire : « Trop d’histoires, trop d’embrouilles, le gros de la troupe est parti à Bercy ou au palais de Tokyo. Autour de la fontaine des Innocents, les rares skateurs qui restent font profil bas», ça ferait presque plaisir à l’auteur… Nul doute que lui aussi a fait profil bas durant son enquête !

Politiquement correct et angélique, ce récit nous montre qu’il existe un fossé énorme entre la réalité, ce que les parisiens vivent au quotidien, et la bulle dans laquelle fantasme les « collabos » bobos. Ils fantasment sur un Paris “métisso-cool” en refusant d’admettre qu’à Paris, en banlieue et dans le reste de l’hexagone, des quartiers sont perdus, totalements “americano-islamisés”. Nous avions d’ailleurs rendu visite, sur le ton de l’humour, aux braves journalistes de Technikart qui avaient cru bon de nous donner des conseils politiques. Pauvres gens… réveillez vous, ouvrez les yeux et admettez que Paris, le pays et l’Europe se font submerger et manger.

La réalité de Châtelet est horrible. Le quartier est un véritable nid à embrouille où pullulent jeunes racailles en quête de violence. Il est agréable de se promener là bas ? Ce n’est pas le “Bronx” mais le parfait exemple d’une zone de non droit, de décadence, comme il en existe tant aujourd’hui. C’est une réalité mais évidemment, difficile de balancer ça à la gueule des lecteurs. Combien de jeunes “babtou”, de blancs, le journaliste a croisé et interviewé ? Une fille, une gothique, qui fait ses achats dans le quartier. Sa mère est d’ailleurs très fière: “Je suis contente que ma fille Mylène vienne ici, qu’elle ait une personnalité, du caractère.” Châtelet c’est le paradis, elle est belle la France…

M.

Partez à la rencontre des jeunes de Châtelet, vous ne le regretterez pas.

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