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Une certaine classe #2

Categorie(s) : Chroniques, par Alain

« Momon », « Gros Jeannot », « Nick le Grec », « le Docteur », le gang des Lyonnais, c’était une douzaine d’hommes, Gitans ou Arméniens, aux amitiés soudées pendant la Résistance, la guerre d’Algérie, ou alors en prison, après des larcins de jeunesse.

C’était aussi une méthode, répétée le temps d’une cinquantaine de casses : préparation minutieuse, exécution éclair, «  le tout sans tirer un coup de feu, se souvient Pierre Richard, le numéro 2 de la PJ de l’époque. C’étaient des types insaisissables, à l’organisation époustouflante. Ils avaient maillé la région lyonnaise de chemins indétectables pour échapper à la police après leurs braquages. » Leur coup le plus légendaire reste celui de la poste de Strasbourg, en juin 1971 : un an de préparation, cinq minutes d’exécution, pour un butin d’un milliard d’anciens francs (13 millions d’euros). L’affaire met la police sur les dents. Elle lance une traque de près de six ans, conclue par un procès retentissant au cours duquel deux des trois leaders du gang, introuvables, sont condamnés à mort par contumace, tandis que le troisième écope d’« à peine » dix ans.

Les « Lyonnais » qui ont survécu mènent aujourd’hui une vie rangée. Le banditisme qu’ils incarnaient a disparu avec eux, estime André Soulier, l’avocat qui les a souvent représentés. « Ils avaient un côté Robin des bois, avec aucune violence en dehors du gang, et une fraternité extraordinaire. Cette époque-là n’existe plus. » Mais elle fascine toujours.

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