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Le monde moderne…

Categorie(s) : Chroniques, par Martin

Je regarde les “news” sur Internet se suivre et ne pas se ressembler.
Tout est mélangé et ça me donne la nausée, ça me rend malade.

Dans l’ordre ou dans le désordre, tu as : Senna a plaqué sa meuf, un gros GI américain explose en direct sur une mine au nom de la campagne “un Macdo à Kaboul”, Stéphane Sessegnon a quitté le PSG pour un club “anglais”, une gamine a été violée par un énième tordu multi-récidiviste “que c’était pas normal qu’il était en liberté et que Sarkozy il a rien fait”, François Fillon a pris des vacances en Egypte, des arabes chargent d’autres arabes à dos de chamelles au pays des pharaons… ah oui, on salue en passant la naissance du premier “bébé-médicament”. On critique en revanche “MAM” (kesako ?) qui a promené son serre-tête dans un putain d’avion tunisien.

Hé, ho… “minute papillon”, comme disait mon cher grand-père.
Y’a pas un moment où t’as envie de dire stop ? Y’a pas un moment où t’as envie d’analyser un peu tout ça ? Ou tu couperais bien ta télé, robinet d’insanités, et puis tu te dirais : c’est quoi ce souk ?

Essaie de décortiquer morceau par morceau cette espèce de diarrhée continuelle qu’on appelle “information” aujourd’hui. Vas-y, essaie. C’est dégueulasse hein ? Et surtout, y’a une logique. Comme un programme informatique. Une sorte de redondance. Et finalement la règle n’est pas compliquée.

Premier cas : le fait se déroule en France. Et, dans l’ordre, ça donne quasi systématiquement : gros tollé, puis Sarkozy court avec ses petites gambettes, puis une loi est pondue, puis une décision est prise. Ou l’inverse. Plus jamais ça, “never again”, grands discours et tutti quanti. Un bon procès, un “travail de deuil”, une cellule psychologique ou que sais-je. Et puis bye-bye.

Deuxième possibilité : une actualité chaude à l’étranger. Un séïsme, une révolution, un attentat. Le résultat c’est : trois petits jours et puis s’en vont. On en parle, on en parle, on en parle. On en reparle. A tel point que tu as la tête qui tourne. Ah là là … pendant trois jours c’est l’affaire du siècle : on en pleure, on en rigole. Ca chiale à la machine à café, ça gémit au restaurant d’entreprise, ça déplore dur dans le vestiaire du “Club Med Gym” d’en bas du boulot (là où on saute tous comme des abrutis sur la musique d’abruti).

Puis on en parle un peu moins. Puis… plus rien. Là encore, c’est “never again”. Rideau. Eventuellement une petite commémoration l’année suivante (uniquement si cela s’est passé en Afrique ou en Asie… enfin bref, le plus loin possible). Après, ce sera fini les images d’africains affamés, ou bien évaporés les gros touristes flottants emportés par un raz de marée, ou alors envolés les souvenirs d’haïtiens sécoués.

La question du pourquoi du comment est évincée dans tous les cas. Elle est même remplacée. Une sorte de package (appelle-le “modernité”, appelle-le “progrès”, appelle-le “diversité” et j’en passe et des meilleurs) englobe le tout.
Il donne à cet agrégat indigeste, malgré tout, une certaine unité. Comme si un fleuve de misère inarrêtable, une coulée de lave de médiocrité, une source intarissable de bassesse, emportait inexorablement ce qui reste de notre “civilisation” vers on ne sait quel objectif sordide.

Où est l’analyse ? Où est le recul ? Où est l’étude ? Où est le débat ? Où sont les contradictions ? Où est l’esprit critique ? Disparu dans les montagnes d’Afghanistan, perdu dans le trou des fesses d’une chamelle, enseveli par un torrent de boue à Rio ou encore embarqué par une déferlante “tsumaniaque”.

Toujours est-il qu’il devient urgent de revenir un peu au réel. Qu’il convient, c’est là l’essentiel, de savoir classer un peut tout cela, et de faire la part des choses. Qu’est-ce qui est grave ? Qu’est-ce qui n’est pas grave ?

Senna plaquant aussi vite sa grosse vaut-il un tsunami en Asie ? La naissance d’un “bébé-médicament” est-elle plus ou moins “grave” que l’explosion du gros “GI” ? Tout n’est qu’anecdote, tout n’est que gaminerie, tout n’est que vulgarité, tout n’est qu’étalage.

De la vulgaire bouillie pour les gros enfants gavés que nous sommes, voilà ce qu’est l’information aujourd’hui. Il est temps de grandir, de murir, et de prendre du recul face à ce flot puant.

Il est temps de décortiquer un peu la logique de tout cela, d’aller au fond des choses. Gardons en tête nos fondamentaux ébranlés, mais immortels, car identitaires : famille, tradition, instruction, bonheur simple et communauté. Et nous aurons trouvé ce radeau de sérénité qui nous permettra de flotter sur ce monde, sans jamais couler, libres et éternels.

Cyriaque.

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Un commentaire

  1. Coach Dom dit :

    Joli texte !

    Salutations,
    Domique C.

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