De battre son coeur continue…
Categorie(s) : Chroniques, par Cyriaque
Cette année avant l’été, de nombreux sujets aux journaux télévisés, des articles, des livres même sont parus sur l’expérience Saint-Jacques-de-Compostelle. Et cette année pendant l’été donc, le vulgum pecus venu des grandes villes de France, s’est retrouvé sur ces chemins, grossissant de manière significative le taux de fréquentation habituel.
En fait, le randonneur moyen est un honnête quadragénaire qui a bonne mine, un peu sportif d’ailleurs, un peu ennuyeux aussi. Il vient avec sa femme ou un ami. Malgré tout, cet homo festivus d’après l’Histoire prend en pleine face une réalité qui ne parle pas sa langue. Tout ce qui est vrai, beau, et bien dans ces villages et communes qu’il traverse, contredit à chaque pas sa vie misérable d’hyper-consommateur fier de lui.
Pourquoi ? Parce que l’on y respire ce que l’on ne sent dans aucune ville, et ce que l’on voit est doux, des murs de pierres minutieusement agencées, pas des parpaings couverts de tags immondes. L’agriculteur se dit fièrement paysan et vous salue, vous renseigne. Les seuls français encore vivants sont là, ils travaillent la terre, élèvent avec soucis des bêtes qui n’ont pas besoin de s’appeler bio ou développement durable.
Ici tout dure depuis des siècles et tout vit.
Si des milliers de touristes -chez eux pantins plus ou moins inutiles du tertiaire mondialisé- viennent en France brouter le bitume des grands magasins du boulevard Haussmann, en se demandant si le change de leurs dollars va leur permettre d’économiser dix euros sur l’achat d’un iPhone 4, quelques uns sortent des files d’attente des manèges d’Eurodisney et s’engagent sur le GR 65, puisque c’est aussi son nom, au bord duquel pousse l’Identité française : une langue avec des accents distincts qui n’utilise pas un anglicisme tous les deux mots “parce que ça fait bien”, des mets régionaux issus d’une base simple imposée par le terroir, mais sublimée par des générations de mains aguerries, des hommes et des femmes qui se subviennent et n’importent pas de l’autre bout du monde les trois quarts de ce qu’ils consomment, des gens qui ont la foi et le besoin de transmettre, pas des corps injectés de Botox et gavés d’oméga-3. Il ont pourtant pas l’air malheureux.
Voilà ceux que l’on rencontre d’abord sur ces chemins. Le « pélerinocrate » vous dit “bonjour” comme un collègue de bureau, le natif témoigne sans rien dire de ce qu’il reste de vraies richesses à notre patrie.
Thomas














































Le 2 septembre 2010 à 8 h 00 min
Le point de vue sur le Camino est plutôt juste ainsi que l’augmentation de la fréquentation sur le GR 65, mais n’oublions pas notre Histoire: le chemin du Puy n’est que l’une des quatre voies françaises pour Compostelle!
Les trois autres chemins partent de Vézelay, Arles (ou l’Italie pour les plus courageux…) et bien entendu de Paris et de notre chère Tour St Jacques.
Moins fréquentés aujourd’hui, le chemin depuis Paris via Tours et Bordeaux, n’en reste pas moins le plus ancien!!!