Tribune libre: un vent de courtoisie sur Paris
Categorie(s) : Chroniques, Combat des images, Histoire de Pantruche, par Martin
Photo tirée du film La Traversée de Paris, avec Jean Gabin et Bourvil. A l’époque, les honnêtes gens “dealaient” du porc.
BAM! Le bruit lourd et métallique de la porte du métro qui claque sur moi achève une journée de grisaille. L’auteur du crime est déjà loin. Sans doute aura-t-il sa correspondance, mais à quel prix ?
Depuis des dizaines d’années, de nombreuses voix s’élèvent, chez les sociologues, chez les psychologues ou encore chez certains associatifs pour dénoncer le relâchement du lien social. On dit que c’est la conséquence d’une société individualiste C’est probablement vrai. On dit que c’est inéluctable. C’est surement faux.
Qu’est ce que le lien social ? Il doit s’apprécier à deux niveaux différents, mais sur une même échelle. Cela désigne d’abord les liens qui unissent les individus entre eux. Mais c’est aussi l’ensemble des règles régissant ces liens. Mais à cette double définition doit s’ajouter un dénominateur commun: un groupe.
Le groupe se conjugue au pluriel: une famille, un quartier, une Nation. Il n’existe pas un groupe, il en existe plusieurs, et osons espérer que les hommes et femmes de ce 21ème siècle appartiennent à différents groupes sociaux. Mais dans tous les cas, le groupe présente une certaine homogénéité. Cela n’exclut en rien les différences. Mais point de différences sans unité. Point de différences sans base solide. Point de différences sans identité commune.
Peut-être est-ce cela, le drame de ce nouveau millénaire: l’abandon de l’idée de communauté. Absorbé par la masse des individus. Dévoré par l’idéologie du mondialisme. Anéanti par la théorie du genre. Qu’importe que l’autre soit malheureux, puisque moi, je suis heureux. Je me sens bien. Je vis bien. Du moins, c’est ce que je pense…
Pourtant, dès le levé, l’homme ne vit pas seul. Du présentateur radio qui l’informe des nouvelles de la nuit au conducteur de bus qui l’emmène sur son lieu de travail. De la femme aimée qui l’appelle le temps d’un répit du midi au collègue de travail qui vient lui compter ses derniers problèmes avec le fisc. L’homme n’est pas fait pour vivre seul et sans relations car l’homme nait d’une relation.
Pour reconquérir le terrain du lien social, il faut agir à son échelle, sans prétention démesurée. Commencer par connaître les communautés auxquelles on appartient. Sa famille, Paris, l’Europe. Ce sont nos identités, celles où se sont inscrits nos ancêtres et celles où nous voulons établir notre avenir.
Puis regagner le combat de la courtoisie. Tenir la porte, dire bonjour à son voisin, aider une personne âgée à traverser, saluer le chauffeur du bus. Prendre le temps de s’intéresser aux autres. Remercier aussi. Il y a tant de personnes qu’on oublie de remercier et dont la présence est pourtant indispensable: son facteur, les agents d’entretiens, … Tous font un travail dans l’ombre, au service de la communauté.
Au temps des suicides et des dépressions en masse, symptômes d’une société intrinsèquement malade, la meilleure des réponses ne vient pas des moyens financiers mis béatement sur la table par les politiques. La solution ne se trouve pas dans l’expression de libertés égoïstes car centrées sur l’unique bonheur d’un individu.
Mais un sourire, une parole échangée, un service gratuit. C’est ça aussi changer la ville. Concrètement. Réellement. Gratuitement.
Pierre-O













































