L’appartenance communautaire et les dangers du déracinement
Par Didier Maupas – Partie 3/3
Categorie(s) : Chroniques, par WillyGan
Suite de : 2. Le déracinement et le déséquilibre des êtres et des sociétés
3 – Les périls actuels
L’appartenance communautaire se trouve menacée en Occident par un double mouvement : d’une part, l’homogénéisation des modes de vie, et, d’autre part, l’interpénétration des ethnies sur un même territoire. L’homogénéisation des modes de vie, phénomène que d’aucuns qualifient à tort d’américanisation, alors qu’il n’exprime pas l’identité américaine, conduit progressivement les peuples à l’uniformisation, surtout dans le monde occidental, qu’il s’agisse des manières de se vêtir, de se nourrir ou de se distraire, et demain, peut-être, de penser et de percevoir le monde. L’interpénétration des ethnies accompagne le recul de leurs cultures particulières. Autrefois, chaque ethnie occupait jalousement le territoire conquis ou légué par ses ancêtres. De plus en plus, aujourd’hui, dans l’aire de la culture occidentale, des ethnies différentes se côtoient, du fait de l’immigration venue du tiers monde. Certains se réjouissent de cette évolution. Le cosmopolitisme, nouvelle expression de la vieille utopie égalitaire, y voit un progrès vers “l’unité du genre humain”. Il prône la dilution des identités et l’agrégation dans la société mondiale. Pourtant, l’homogénéisation des modes de vie ne marque pas un progrès, mais un appauvrissement, tout comme la juxtaposition d’ethnies différentes sur un même territoire ne constitue pas un enrichissement, mais une source de tensions.
L’amitié suppose la reconnaissance de l’identité, c’est-à-dire la capacité de se reconnaître dans autrui, de le considérer comme son “prochain”. Cela explique pourquoi l’homogénéisation, qui trouve dans l’ordre éthique son pendant dans le relativisme généralisé et l’absence de hiérarchie dans les valeurs, débouche sur l’indifférence, le repli sur soi, puis sur la violence (l’indifférence glacée apparaît elle-même comme une forme d’agressivité). Contrairement à ce que prétendaient les utopistes du XVIIIe siècle, la société égalitaire conduit à la guerre de tous contre tous, car elle a l’envie et l’indifférence pour ressorts principaux. L’identité est à la fois ce qui distingue et ce qui rapproche d’autrui, et cette distinction nécessaire devient plus difficile à opérer, lorsque la société tend à l’homogénéisation. “Plus la patrie est grande, moins on l’aime”, disait Voltaire : moins les hommes ont conscience de leur proximité et de leur parenté, plus leur propension à l’hostilité mutuelle devient forte. L’interpénétration des ethnies sur un même territoire conduit à la confrontation. La tolérance ne se décrète pas, puisqu’elle découle de la nature de l’homme et exprime une préférence pour la parenté. Aussi la coexistence d’ethnies sur un même territoire n’est-elle que passagèrement pacifique et débouche-t-elle fatalement soit sur la partition, chaque ethnie se rendant maîtresse exclusive d’une partie du territoire, soit sur la confrontation en vue de la destruction (ou de l’éviction) de l’une des ethnies en présence. L’histoire et l’actualité montrent que les cas de cohabitation harmonieuse sont rarissimes et que l’intégration par appauvrissement mutuel est beaucoup plus fréquente, avant de déboucher sur la confrontation. L’Inde n’est parvenue à la coexistence d’ethnies sur un même territoire qu’en constituant le système des castes. Lire le reste de cet article »






Quel magnifique aveu de la part de Benoît Raphaël, rédacteur en chef du 











































