France Telecom : le déracinement imposé tuera-t-il encore longtemps ?
Categorie(s) : Communiqués, par WillyGan

Communiqué du Projet Apache – 27/10/2009
25 employés de France Telecom se sont suicidés ces 20 derniers mois. Le PDG du groupe, Didier Lombard évoqua avec cynisme une “mode des suicides” avant de se rétracter honteusement sous la pression de l’opinion publique.
Le cabinet Technologia a été chargé par l’entreprise d’enquêter sur ces drames récents et un questionnaire a été envoyé à chacun des employés qui y ont répondu massivement.
Les premiers résultats de l’enquête publiés dans l’édition du Monde du 26 octobre permettent d’y voir un peu plus clair.
“Sur une quarantaine de cas de suicides étudiés par Technologia, la mobilité fut un enjeu majeur dans un cas sur deux”.
“Lorsqu’elle est vécue comme une sanction ou génératrice de perte d’identité, elle conduit en effet progressivement au désinvestissement, et parfois au drame.”
Ainsi l’obligation de mobilité imposée aux salariés de France Telecom a tué. Froidement, méthodiquement, le “management moderne” a provoqué ces suicides.
Les identitaires du Projet Apache dénoncent ces méthodes de management qui imposent une mobilité au salarié afin de le priver de toute attache. Déraciné, loin de sa terre et sa famille, l’employé devient ainsi l’esclave salarié bon à consommer et à être consommé dont rêvent nos élites libérales.
Le Projet Apache exige une reconnaissance officielle de la spécificité du crime de déracinement qui a conduit à ces drames et que soit reconnue la part de responsabilité de cette règle de mobilité.
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Le 27 octobre 2009 à 13 h 51 min
Il ne faut pas non plus exagérer …les militaires aussi déménagent tous les 3 ans …Ils ne se suicident pas ..Le problème c’est que l’on demande à des fonctionnaires de travailler, alors ils préfèrent se suicider que de travailler …lol.
Le 27 octobre 2009 à 15 h 08 min
lol.. grave lol.. smiley.. big up… C’est en effet irrésistible de ricaner sur le suicide au travail, qui touche autant le privé que le public.
Quant à l’exemple idiot des militaires, la différence est que la “mobilité” est pour le militaire un des éléments constitutifs du “travail” en question, dont il est conscient et informé au moment de son engagement. Pour vendre des abonnements téléphoniques ou des services internet, on voit moins clairement la nécessité de ce “bougisme” frénétique qui n’a pour but qu’une course à la “productivité” par l’instabilité…
Le 27 octobre 2009 à 16 h 33 min
Une manière vive et trash de résumer les choses …
Je pense qu’en effet il s’agit de personnes qui du jour au lendemain ont vu leur quotidien se transformer brutalement. Payé certainement à boire des cafés et être connecté sur des sites fendard par des salaires et des avantages qui valent le coup; j’en connais en effet pour qui cela existe !
Une fois la privatisation établie un nouveau monde s’ouvrit à eux, un monde jusqu’à présent inconnu : la concurrence.
La suite est logique, qui parle de concurrence dit objectif, qui dit objectif dit missions.
Une concurrence trop rude face à un monopole qui n’a jamais cessé de tourner sur lui-même, l’arrêt devient rapidement cardiaque. Des patrons envahissants, acharnés à vouloir obtenir du jour au lendemain de nouveaux records, des salariés peu préparés à ce nouveau rythme et soumis à une pression, le tournis ne pouvait être qu’inévitable.
Il sera toujours difficile de faire courir un bébé quand celui-ci peine à marcher.
Je ne généralise en aucun cas cette pensé mais pour certains leur siège devait être éjectable…
Est-ce là une preuve que le travail tue ?
Le 28 octobre 2009 à 11 h 21 min
Personne n’a dit que le travail tuait. La gestion libérale du travail oui. Quand les objectifs chiffrés deviennent la seule obsession, la seule préoccupation, on aboutit à des situations dramatiques.
Peut-être (et encore..) que les personnes concernées étaient “faibles” ou “inadaptées”, est-ce une raison pour les pousser au suicide ou pour balayer le problème d’un revers de la main ou d’une moquerie “anti-fonctionnaire” tellement convenue ?
On n’est pas (encore) tout à fait dans la jungle, même si c’est le rêve libéral absolu…
Il n’est de richesses que d’hommes, comme disait l’autre. (Jean Bodin)
Le 28 octobre 2009 à 14 h 31 min
C’est affaire est une non-affaire montée par les médias pour je ne sais quelle obscure raison (éjecter Didier Lombard?). Le taux de suicide en France était de 16,2 pour 100 000 habitants en 2008, soit ramené à 20 mois : 27 suicide pour 100 000 habitants.
L’effectif français de France Télécom étant aujourd’hui d’environ 100 000 salariés, on se situe donc au même niveau que la moyenne française et même légèrement en-dessous.
Encore un chiffre : 28 suicides en 2000 pour 130 000 employés, soit 36 suicides pour 100 000 salariés et sur 20 mois. De là à penser que le monde du travail et de la concurrence génère moins de suicides que le fonctionnariat…
Toujours remettre des chiffres dans leur contexte.
Le 28 octobre 2009 à 22 h 13 min
Ce n’est absolument pas une non-affaire. Ce n’est pas parce qu’à côté cela se suicide autant, que cela dédouane France Telecom et son management. Et c’est bien ce que pointe le rapport.
25 suicides, cela reste 25 de trop. Surtout que le nombre de suicide en France avec lequel vous comparez est trop élevé.
Le 29 octobre 2009 à 19 h 33 min
Je ne vois pas où est le problème, mis à part celui qui était dans la tête de ces pauvres gens. Ne valait-il pas mieux démissioner, négocier son départ ou pousser une gueulante plutot que de se suicider? C’est, pour moi, un acte aussi lâche, que le fait, pour les patrons, de faire peser une pression insoutenable sur leurs salariés.
Lequel d’entre nous a un travail tranquille, sans objectif, sans aucune pression?
Pas moi, en tout cas. Est-ce pour cela que je vais aller me pendre? certainement pas. La vie est une succession de difficultés à surmonter.
En ce qui concerne le déracinement, nous savons tous, depuis la fin de nos études, que nous sommes voués à bouger un jour, et quitter l’endroit que nous aimons. Certes, il est plus difficile de bouger lorsqu’on a une maison à soi, une famille à faire suivre, et que nous vivons à cet endroit depuis un long moment. A 50 ans il doit être difficile de démissioner ou de refuser une mutation, mais est-ce une raison suffisante pour se donner la mort? A mon avis, non.
Alors, la reconnaissance du “crime de déracinement” est quelque chose que je trouve particulièrement ridicule, malgré le soutien général que je vous porte.
Le 29 octobre 2009 à 22 h 32 min
Vous ne voyez pas le problème d’être forcé en période de crise (avec le peu de chance de trouver un boulot ailleurs) d’aller travailler à l’autre bout de la France loin de sa vie difficilement construite?
En quoi nous devrions nous résoudre à “devoir bouger un jour”? Ce n’est pas une fatalité.
Il n’y a jamais de bonne raison pour se suicider. Néanmoins certains se suicident. Et le déracinement peut être une raison qui pousse au drame de la même façon que d’autres. Ce n’est pas à négliger et le rapport en est bien la preuve.
Le 30 octobre 2009 à 12 h 47 min
Je rajouterais aux propos d’Apache que notre action politique n’a pas vocation à se limiter à la dénonciation sempiternelle de la “racaille”, de “l’immigration” ou du “racisme anti-blanc” mais bel et bien à celle, plus globale, des incohérences et aberrations du Monde Moderne, rouleau compresseur dont l’unique objectif est la sacrosainte “rentabilité consumériste”. Le “bougisme”, le “nomadisme” et autres “programmes de mobilité” orchestrés par les Grandes Entreprises à des fins purement économique (et certains d’entre nous sont bien placés pour le savoir) font partie des maux d’aujourd’hui et provoquent un déracinement parfois fatal, pour qui a construit péniblement sa vie quelque part. L’étude citée dans le communiqué en est la parfaite illustration. A ce monde déboussolé, nous opposons une vision enracinée et locale de l’économie et de la consommation, que je pense, chère Caro (permettez-moi de vous appeler Caro), vous devez certainement partager !
Rien n’est une fatalité, tout peut changer.
Et pour nous, identitaires, “devoir bouger” sera toujours une défaite.
Bien à vous,
A & I